Incroyable : les moustiques ont une mémoire !

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Les moustiques ont une mémoire : une attitude agressive envers un moustique peut le dissuader de vous piquer … pour toujours. C’est ce que raconte le constat étonnant de deux chercheurs américains qui ont étudié le comportement des petits diptères.

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Les moustiques aussi ont des neurones !

Des chercheurs de l’université de Washington ont mené une expérience qui peut prêter à sourire. Pourtant d’après leurs travaux, les moustiques établissent un lien entre odeurs et dangers. En d’autres termes, ils sont capables de se souvenir de l’odeur d’une personne qui a tenté de les tuer pour ne pas revenir essayer de la piquer. Si le constat est quelque peu étonnant, il ouvre cependant des perspectives nouvelles dans la lutte contre les piqûres de moustiques et bien évidemment les maladies qui y sont liées. Focus sur cette expérience hors du commun.

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Attraction humaine : une histoire d’odeur

La mémoire olfactive du moustique

La littérature scientifique est suffisamment étayée que pour prouver que les moustiques ne piquent pas au hasard. Des chercheurs issus d’une université de Virginie ont donc voulu en savoir plus sur la manière dont l’apprentissage pouvait influer sur la façon dont les moustiques établissent leurs préférences au niveau des proies. Ils ont donc mené une expérience originale et audacieuse pour en arriver au constat étonnant que le moustique a une mémoire olfactive.

L’expérience

Afin de confirmer ou d’infirmer leur hypothèse, les chercheurs de l’université de Washington ont procédé en 2 temps.

Dans un premier temps, les chercheurs ont entraîné les moustiques en associant l’odeur d’un animal à un choc mécanique. Pour les besoins de l’expérience, les chercheurs ont choisi l’odeur du poulet et l’odeur du rat qui sont évidemment très différentes. Pour établir le stress chez le moustique, les chercheurs ont utilisé une machine « à vortex » qui simule les vibrations et accélérations de la main d’un humain qui tente d’écraser la bestiole. Ce phénomène a systématiquement été associé à l’odeur du poulet afin de tester les capacités d’apprentissage du diptère. Les moustiques ont rapidement appris l’association entre l’odeur du poulet et le choc mécanique qui lui était associé. Ils ont utilisé cette information pour décider de prendre la direction du rat et non pas celle du poulet.

Dans un 2e temps, les chercheurs ont entraîné les moustiques avec à la fois les odeurs animales et les odeurs humaines. Cette fois, les vibrations désagréables étaient associées à l’odeur humaine, la proie pourtant favorite des petites bestioles. Le résultat qui a découlé de l’expérience est tout bonnement surprenant. Les moustiques ont mémorisé l’association entre l’odeur des humains et les vibrations désagréables pour se focaliser uniquement sur le chemin qui les menait aux proies animales.

La conclusion de cette étude, parue dans la revue américaine Current Biology de janvier 2018, est que les moustiques possèdent la capacité d’associer une odeur à une sensation et de se servir de cette mémoire olfactive pour adapter leur comportement.

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La dopamine contrôle l’apprentissage.

Le rôle de la dopamine

C’est la dopamine, un neurotransmetteur bien connu, qui donne aux moustiques, comme à beaucoup d’autres animaux d’ailleurs, la capacité d’apprendre.

Afin de comprendre le fonctionnement « intellectuel » des moustiques, les chercheurs qui ont mené cette expérience ont utilisé des technologies très poussées pour enregistrer l’activité des neurones dans le centre olfactif du cerveau des diptères pendant leur vol. Les observations ont conclu de manière certaine à l’implication de la dopamine dans la capacité d’apprentissage et de traitement de l’information des petits diptères.

Moustiques et odeurs : une histoire d’amour

Il est depuis longtemps prouvé que les moustiques ne piquent pas au hasard. C’est précisément l’odeur des bipèdes qui attirent la petite bestiole hématophage.

En partant de ces connaissances, les auteurs de l’étude ont tenté de comprendre pourquoi certaines personnes étaient davantage ciblées par la voracité des petits vampires que d’autres. L’hypothèse de travail, alors émise, fut que les moustiques avaient la capacité d’associer une odeur à une réaction d’agressivité.

Au cours de l’expérience, les chercheurs ont choisi des moustiques de la sous espèce Aedes aegyptis pour réaliser les tests en laboratoire. Le constat a été sans appel, les petits diptères ont été capables de mémoriser les odeurs associées aux gestes de défense. Ils ont par la suite réitéré leurs attaques en direction des proies « faciles à piquer », c’est-à-dire en direction des personnes dont les odeurs n’étaient pas associées à des gestes de défense.

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L’agressivité humaine : une alerte rouge pour les moustiques ?

Des espoirs pour l’avenir

Si, bien entendu, les résultats des recherches menées à l’université de Virginie doivent encore être affinés, ils offrent cependant de grands espoirs pour l’avenir dans la lutte contre les maladies tropicales, notamment.

La lutte contre les maladies tropicales

Chaque année, les maladies tropicales transmises par les moustiques font des centaines de millions de malades et fauchent la vie de plusieurs centaines de milliers d’enfants, principalement sur le continent africain. Les études qui permettent de mieux comprendre les comportements des moustiques sont donc essentielles pour permettre de lutter efficacement contre ces fléaux.

Les chercheurs de l’université de Washington ont volontairement choisi une espèce de moustiques vectrice de maladies tropicales. Cela prouve, que ces espèces, aussi, pourront peut-être un jour être comprises et maîtrisées par les hommes.

Les conclusions de l’étude menée vont sans aucun doute servir dans une stratégie complexe et intégrative pour lutter contre les moustiques tropicaux. En effet, si l’on continue à utiliser uniquement des insecticides, les moustiques vont continuer à développer des résistances et par-delà même parvenir à survivre aux diverses molécules.

Un enthousiasme tout de même modéré

Si les conclusions de l’étude menée par l’équipe de Clément Vinauger sont encourageantes, il ne faut cependant pas céder à un trop grand enthousiasme. En effet, même si les moustiques semblent préférer les proies « plus faciles », il n’en reste pas moins que lorsque vous êtes la seule proie possible, dame moustique ne résistera pas à vous piquer tout de même.

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Une découverte intéressante pour un enthousiasme relatif.

Les chercheurs progressent tous les jours davantage dans leur compréhension des modes d’action des moustiques. Pourtant, à l’heure actuelle, la prévention reste le meilleur moyen de se protéger contre les maladies tropicales et les inconvénients liés aux piqûres de moustiques. En attendant que les scientifiques aient trouvé la parade contre les moustiques, le Moskitofree reste votre meilleure protection contre les bestioles hématophages.

 

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