Paludisme – des moustiques intelligents résistants aux pesticides dans certains pays d’Afrique

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Quand la chimie démontre ses limites

Tout comme les bactéries sont devenues résistantes à certains types d’antibiotiques, certains moustiques sont quant à eux devenus résistants aux pesticides communs. Les scientifiques entament donc une véritable course contre la montre afin de trouver de nouvelles molécules capables d’éradiquer certaines espèces de moustiques tropicaux. Mais, en optant encore pour une solution chimique, la science ne ferait-elle pas fausse route quand d’autres solutions peuvent être envisagées ?

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Les plus grands prédateurs africains ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

Moustiques Vs chimie : quand la résistance s’organise

Les moustiques du genre anophèle sont les vecteurs du paludisme dans les zones intertropicales. Depuis des années, ils sont donc logiquement la cible de campagnes anti-moustiques visant à diminuer la transmission endémique de la maladie. Sprays répulsifs, moustiquaires imprégnées ou pulvérisations domiciliaires, il existe de nombreux moyens pour limiter la prolifération des petits diptères. Cependant, à force de trop utiliser les molécules insecticides, le moustique anophèle a développé petit à petit des résistances aux actions chimiques des produits. L’efficacité des insecticides devient donc moindre et nécessite de trouver de nouveaux moyens de lutte afin de parvenir à un recul net de l’incidence du paludisme, aussi appelé malaria.

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La chimie et les moustiques … une véritable partie d’échec

Les facteurs de résistance

Face à l’utilisation généralisée des insecticides, les moustiques anophèles ont développé des stratégies de résistance face à l’action des molécules chimiques.

Les résistances métaboliques

Pour résister à la toxicité des molécules chimiques des insecticides, certaines familles de moustiques anophèles ont développé une résistance métabolique. Chez les moustiques vecteurs du paludisme, la résistance métabolique s’articule en 3 axes :

  • l’augmentation de la métabolisation ;
  • la surproduction d’enzymes de détoxication ;
  • des affinés accrues du travail enzymatique.

Les modifications comportementales

Les modifications comportementales des moustiques anophèles sont liées au potentiel de chaque individu. Elles regroupent principalement les stratégies d’évitement mises en place par l’insecte en diminuant son contact avec le produit insecticide.

Les moustiques ont en effet des capacités d’ajustement fonctionnel aux conditions environnementales qui lui permettent de se mettre en retrait des conditions stressantes. Il est cependant délicat d’extrapoler sur les possibilités scientifiques des moustiques dans ce domaine puisque des études en laboratoire sont délicates.

Les moustiques de type Aedes, responsables des maladies arboviroses, semblent aussi développer des résistances face aux produits anti-moustiques.

Les changements de dominance

Entre l’adaptation et la disparition, les moustiques ont plutôt opté pour le changement de dominance. La famille des anophèles est en effet composée de plusieurs centaines de sous-familles. Ainsi, certains pesticides sont plus actifs sur certaines sous-familles que sur d’autres et permettent donc l’émergence de nouvelles familles d’anophèles dominantes.

En Tanzanie et au Kenya, les scientifiques ont d’ailleurs observé que les campagnes insecticides menées afin de réduire l’impact du paludisme ont engendré la diminution du nombre d’individus des sous-espèces anophèles gambiae et anophèles funestus, des moustiques jusque-là omniprésents. Cependant, les populations de ces 2 types d’anophèles ont rapidement été remplacées par des populations d’anophèles arabiensis.

Dans ce cas précis, la nature a bien fait les choses puisque la nouvelle sous-espèce d’anophèles dominante est moins dangereuse pour l’humain. Cependant, il demeure un risque que les autres changements ne soient pas si positifs.

Comprendre les insecticides

Les insecticides sont produits à partir de molécules chimiques qui visent à tuer les insectes et non pas à les éloigner. Il existe globalement 2 grands modes d’action pour arriver à la mort des petits diptères :

  • Certains insecticides, dont notamment ceux contenant des pyréthrinoïdes tels que le DDT ou les produits organochlorés, ont pour cibles les canaux sodiques. Ils parviennent donc à tuer les moustiques en perturbant la circulation des ions chlorures dans l’organisme.
  • D’autres insecticides, dont notamment ceux de la famille des organophosphorés et des carbamates, bloquent la neurotransmission synaptique des diptères. Certaines substances comme l’acétylcholine s’accumulent alors dans les jonctions synaptiques ce qui entraîne une perturbation chronique de l’influx nerveux. Les moustiques passent alors par un état de tétanie musculaire globale avant de mourir.

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L’ADN du moustique s’adapte aux anti-moustiques.

Une lutte acharnée

Afin de lutter contre les épidémies de paludisme, les scientifiques travaillent d’arrache-pied pour trouver de nouvelles molécules capables d’éliminer les moustiques du type anophèle.

Les résultats sur le terrain

Récemment, le Ghana a mené des campagnes musclées contre les anophèles avec un insecticide de nouvelle génération. Les résultats sur le terrain sont très encourageants puisque l’État ghanéen assure avoir remarqué une chute de 75 % des cas de malaria. Cependant, il est logique de se demander si avec le temps les moustiques ne vont pas développer également une résistance à cet insecticide.

Le paludisme… de quoi parle-t-on ?

Le paludisme, également appelé malaria, est une maladie infectieuse transmise par la piqûre des femelles moustiques du genre anophèle. La maladie est provoquée par le parasite « Plasmodium ».

Il existe 5 types d’espèces de parasites qui sont responsables du paludisme chez l’humain. Parmi ces 5 espèces, 2 sont véritablement dangereuses : « Plasmodium falciparum » et « Plasmodium vivax ».

Le paludisme est une affection fébrile aiguë pour laquelle il existe un traitement préventif mais pas de traitement curatif. Si l’infection n’est pas traitée dans les 24 heures, elle peut évoluer rapidement vers une forme sévère souvent mortelle. Une prise en charge médicale adaptée est donc nécessaire.

Les chiffres

Le paludisme affecte chaque année plus de 200 millions de personnes à travers le monde et entraîne environ 500.000 décès.

Les pays africains supportent le plus lourd tribut de la maladie avec 90 % des cas de paludisme et 91 % des décès imputables à la malaria. Plus de 70 % des victimes sont des enfants de moins de 5 ans.

Le moustique est le premier prédateur de l’homme.

Vers des solutions plus saines ?

Dans la lutte contre la malaria, la recherche fait chaque jour des progrès. Cependant, la majorité des découvertes sont de près ou de loin liées à des molécules chimiques potentiellement dangereuses. Pourtant, certains esprits éclairés mettent au point des solutions novatrices bien plus saines.

La chimie et ses limites

Dans la lutte contre les insectes, et plus singulièrement dans la lutte anti-moustique, la chimie commence à démontrer ses limites. Les insectes deviennent de plus en plus résistants et se montrent intelligents afin de survivre.

Inventer chaque jour de nouvelles molécules visant à essayer de détruire les populations de moustiques anophèles est donc une solution à court terme. En effet, il est tout à fait possible, voir même probable, que les insectes s’adaptent progressivement au gré des découvertes chimiques des humains.

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Respecter la nature, c’est aussi respecter les moustiques.

Le Moskitofree

Dans un esprit tout à fait novateur, il existe aujourd’hui un appareil capable de rendre les humains inodores pour les moustiques. En n’apparaissant plus comme des proies à l’odorat des diptères, les humains se mettent ainsi à l’abri des piqûres et des maladies qu’elles véhiculent. Ce système, tout à fait original, a été breveté par l’institut Pasteur et a réussi le test de la cage de l’OMS. Appelé Moskitofree, ce petit appareil peut être utilisé en toute innocuité tant par les adultes que les enfants ou les femmes enceintes. De plus, exempt de produits chimiques toxiques, le Moskitofree ne provoque aucun dégât à l’environnement.

Les moustiques sont visiblement des insectes doués d’intelligence. Au fil du temps, ils ont réussi à s’adapter et à combattre les molécules des insecticides. Aussi, pour réduire l’impact et l’intensité des épidémies de maladies tropicales, il faut apprendre à combattre l’animal d’une manière différente. Le Moskitofree est une réponse humaine et adaptée au problème des moustiques tropicaux.

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